Datation:                  

La datation de l'enfouissement des trésors de bronze de la fin du IIe siècle appelle à une certaine prudence, principalement en raison de la circulation prolongée de ces espèces dans le courant du IIIe siècle. Le terminus est peut-être fixé par l'absence de monnaies de Commode qui serait une exception pour un dépot constitué au IIIe siècle. La réponse est peut-être fournie par une autre absence, celle des monnaies de consécration de Faustine II abondamment frappées à partir de 176 et qui n'apparaissent pas dans le trésor d'Abos. Enfin, on observe un sensible abaissement du nombre de monnaies de Marc Aurèle par rapport à ses prédécesseurs du fait de l'enfouissement probable du dépot dans le milieu du règne de cet empereur (vers 171 - 173)

 

 

 Enfouissement:                  

Plusieurs éléments nous intriguent: 1/ aucune structure bâtie n'a été observée à proximité. 2/ le trésor a été enfoui volontairement dans le lit du Gave. On s'oriente alors vers une relation particulière entre le cours d'eau et le lot monétaire. En effet, il est fait mention au XIXe siècle d'un lieu propice à la traversée de la rivière à l'endroit même de la découverte. Aujourd'hui encore le lieu recèle de multiples bancs de sables qui réduisent d'autant la largeur du cours d'eau. Doit-on y voir de simples et habituels enfouissement? Doit-on se tourner vers le domaine religieux, en songeant à de possibles offrandes dédiées à la divinité fluviale? Le trésor d'Abos correspondrait à ce dernier type, et l'on peut songer alors au passeur lui-même. Nous ne saurions poursuivre davantage ces hypothèses sans craindre une dérive.

 

 

 

 conclusion:            

Le trésor d'Abos, enfoui sous le règne de Marc Aurèle, présente un évident intérêt archéologique, ne serait-ce que par la rareté de son terminus. Il semble que ce trésor-ponction (modeste épargne) a été dissimulé vers 171-175 ap. J-C.

R. Etienne a pu déclarer à propos du trésor de Garonne:"ici nous disposons de la photographie de la circulation monétaire au milieu du IIe siècle ap. J-C, où les monnaies les plus anciennnes, usées, de la dynastie des Flaviens, circulent à côté des Antonins". Le trésor d'Abos nous permet d'élargir le champ de cette photographie vers la fin du IIe siècle ap. J-C.

 

 

 

 notes:                         

Lors de la séance extraordinaire du 18 ou 19 février 1874, le conseil municipal d'Abos considère, au sujet du projet de construction d'un pont suspendu au- dessus du Gave à la jonction des communes d'Abos et de Labastide-Cézeracq, que:"vue que les quelques habitants qui y sont appelés fortuitement trouvent un passage facile et commode au bac établi sur le Gave, territoire de Labastide-Cézeracq, le pont en projet ne serait pour la commune d'aucune utilité". Il ne faut cependant pas perdre de vue que notre connaissance du tracé du cours d'eau dans l'antiquité demeure très limitée, et les lieux de passage à gué ont pu fortement varier durant les siècles en fonction des caprices de la rivière.